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Objets virtuels, loot boxes, monnaies : comprendre les achats intégrés

Un jeu gratuit peut vendre une tenue choisie ou un coffre au contenu surprise. Il peut aussi proposer une réserve de gemmes à dépenser ensuite. Les jeux payants ont parfois leur propre boutique après l’achat initial. La mention « achats intégrés » recouvre donc des offres différentes. Avant de payer, regardez ce que vous obtiendrez et quelle place le hasard occupe. Puis ramenez le prix affiché à la somme réellement dépensée en euros.

Reconnaître ce que vend la boutique

Un objet virtuel est un contenu utilisable dans le jeu : une tenue, un accessoire, un personnage ou un équipement, par exemple. Son nom ne dit pas comment on l’obtient. Le même type d’objet peut être gagné en jouant, acheté directement ou reçu dans un tirage aléatoire.

Une même boutique peut proposer plusieurs de ces offres, avec des conditions d’achat différentes.

Offre Ce que l’achat apporte Ce qu’il faut vérifier
Objet cosmétique Une apparence, une animation ou un élément de personnalisation L’objet est-il choisi ou tiré au sort ? Son effet est-il uniquement visuel ?
Objet fonctionnel ou consommable Une capacité, un avantage, des vies ou une ressource qui peut s’épuiser Ce qui change dans le jeu et la nécessité éventuelle de racheter
Monnaie virtuelle Un solde de pièces, de gemmes ou de crédits à dépenser ensuite Le montant payé en euros et ce que le solde permet réellement d’obtenir
DLC ou extension Du contenu supplémentaire, comme des missions ou une zone Le jeu de base requis, le contenu inclus et la plateforme compatible
Passe de combat Un parcours de récompenses, souvent lié à la progression Les récompenses immédiates, celles à débloquer et l’échéance éventuelle
Abonnement L’accès à un service ou à des avantages pendant une période Le renouvellement, la résiliation et ce qui reste accessible après l’arrêt
Loot box ou tirage gacha Un résultat attribué aléatoirement parmi plusieurs possibilités Le prix du tirage, les probabilités et les garanties éventuelles

Un cosmétique acheté directement et un cosmétique obtenu dans une loot box peuvent se ressembler à l’écran. Le premier permet de choisir ce que l’on paie ; le second fait payer un résultat incertain. « Cosmétique » décrit l’usage de l’objet, pas le mode de vente.

Le mot « passe » mérite lui aussi une lecture attentive. Un season pass peut regrouper des contenus livrés progressivement, alors qu’un passe de combat peut demander de jouer pour débloquer des récompenses. L’achat ne signifie donc pas toujours que tout est reçu immédiatement.

Retrouver le coût en euros des monnaies virtuelles

Des pièces gagnées uniquement en jouant n’occasionnent pas la même dépense que des gemmes achetées avec de l’argent. Certaines monnaies peuvent être obtenues des deux façons. Au moment de payer, regardez leur origine et la quantité supplémentaire qu’il faudrait acheter.

Dans cet exemple fictif, un lot de 1 000 gemmes coûte 10 €. Une tenue affichée à 700 gemmes représente 7 € au taux de ce lot. Mais si votre solde est vide et que seul ce lot est disponible, vous devrez débourser 10 € pour l’obtenir ; 300 gemmes resteront sur le compte. Le prix converti de l’objet et la somme à sortir maintenant sont différents.

Les principes du réseau européen de protection des consommateurs, publiés en mars 2025 traitent précisément de la transparence des prix et des achats de monnaie excédentaire imposés par certains lots. Ils s’appuient sur le droit de la consommation existant ; ce document ne constitue pas une nouvelle loi interdisant indistinctement les monnaies virtuelles.

Pour suivre un budget, comptez les euros dépensés lors des recharges, y compris par carte cadeau. Un reliquat de crédits ne vous oblige pas à acheter autre chose pour l’utiliser.

Loot boxes et gacha : payer sans choisir le résultat

Une loot box, ou boîte à butin, attribue des objets aléatoires. Elle peut être obtenue en jouant ou proposée contre paiement. Le mécanisme devient un achat aléatoire payant lorsqu’il faut de l’argent, directement ou via une monnaie achetable, pour accéder au tirage. Certains jeux utilisent plutôt un paquet de cartes, une roue ou un système appelé gacha. L’ESRB décrit ces différentes formes d’achats aléatoires : l’apparence de la boutique change, mais le joueur ne connaît pas précisément son résultat avant l’achat.

Il faut aussi distinguer l’achat d’un objet, l’achat d’un tirage et une mise sur un site de paris utilisant des objets virtuels. Ce sont des opérations différentes. La présence d’une boutique dans un jeu ne suffit pas à assimiler tous ses achats à des jeux d’argent.

Une probabilité n’est pas une promesse

Une chance affichée de 1 % ne garantit pas d’obtenir l’objet en 100 essais. Dans un exemple où les tirages sont indépendants et la probabilité reste fixe, chaque nouvel essai conserve cette chance de 1 %, quels que soient les échecs précédents.

Certains systèmes prévoient une garantie après un nombre de tirages ou modifient les probabilités. Il faut lire leurs règles : quelle récompense est garantie, à quel moment, et le compteur est-il conservé quand l’offre change ? Ne supposez pas qu’une garantie porte sur l’objet précis que vous souhaitez.

La familiarité avec ces offres ne prouve pas que leur fonctionnement est compris. Dans l’enquête 2025 de la Gambling Commission auprès des jeunes en Grande-Bretagne, 80 % connaissaient la possibilité d’acheter des objets virtuels avec leur argent, contre 73 % pour l’ouverture de boîtes surprises avec leur argent ou celui de leurs parents. Ces chiffres mesurent une connaissance déclarée, pas la compréhension des probabilités. Ils ne décrivent pas les jeunes français, et le changement de questionnaire empêche la comparaison avec les années précédentes.

Lire les repères PEGI sur la version du jeu

Consultez la classification et les informations d’achat de la version que vous allez installer. L’âge indiqué ne remplace pas la lecture des offres présentes dans la boutique.

Dans son annonce du 12 mars 2026, reproduite par l’association professionnelle IIDEA, PEGI a prévu de nouveaux critères à partir de juin 2026 pour les jeux nouvellement soumis à classification. Les objets aléatoires payants entraînent par défaut un classement PEGI 16, pouvant aller jusqu’à PEGI 18 selon leur mise en œuvre. Les offres d’achat limitées dans le temps ou en quantité relèvent d’un minimum PEGI 12.

Cette annonce ne signifie pas que tous les jeux déjà classifiés ont reçu rétroactivement un nouvel âge. Pour un titre ancien, vérifiez aussi la description actuelle des achats intégrés et les restrictions disponibles. Un ancien classement ne suffit pas à conclure qu’il n’existe aucun achat aléatoire payant.

Encadrer les dépenses avec les bons comptes et réglages

Commencez par le compte réellement utilisé pour jouer. Une restriction appliquée au compte d’un enfant ne protège pas un achat effectué depuis le compte d’un adulte resté accessible.

Des contrôles différents selon la plateforme

Sur iPhone ou iPad, Apple explique comment bloquer les achats intégrés avec Temps d’écran. Le parcours passe par Réglages, Temps d’écran, Contenu et confidentialité, puis Achats dans l’iTunes et l’App Store. Pour Achats intégrés, choisissez « Ne pas autoriser ». Ce réglage concerne les achats pris en charge par les services Apple ; ne le considérez pas comme un blocage universel de tous les sites marchands.

Sur Android, les approbations d’achat Google Play permettent de demander l’autorisation d’un parent, selon la configuration du groupe familial et de Family Link. Google précise qu’elles s’appliquent aux achats utilisant son système de facturation. Un paiement externe peut donc demander un contrôle distinct.

Sur PlayStation, un plafond mensuel s’applique aux dépenses du compte enfant sur le PlayStation Store. Il est fixé à 0 par défaut. Sur PS5, il se règle dans Paramètres, Famille et contrôle parental, Gestion de la famille, puis dans le contrôle parental du compte enfant.

Ces dispositifs peuvent empêcher une nouvelle dépense en euros sans nécessairement bloquer l’utilisation d’une monnaie déjà présente dans le jeu. Vérifiez aussi les contrôles propres à l’éditeur, notamment pour les achats aléatoires.

Avant de valider un achat

Ouvrez l’offre avec l’enfant et faites-lui décrire ce qu’il recevra. Choisir une tenue n’engage pas la même décision que payer une chance de l’obtenir. S’il achète des crédits, vérifiez à quoi ils serviront.

Fixez ensuite une limite en euros, en comptant tous les jeux et toutes les recharges. Pour un passe, vérifiez ce qui demande encore du temps de jeu ; pour un abonnement, regardez la prochaine échéance. Si le prix réel ou les conditions restent difficiles à comprendre, laissez l’achat en attente.

En cas de dépense non autorisée, conservez le reçu et contactez rapidement l’assistance de la plateforme ou du vendeur concerné. Une demande de remboursement doit être examinée selon le cas : ne promettez pas qu’elle sera automatiquement acceptée.

Avant la prochaine recharge, choisissez une offre concrète et vérifiez ensemble le montant débité. Lisez ensuite ce que vous recevrez et sous quelles conditions. Si l’achat repose sur un tirage, fixez la limite avant de commencer : les sommes déjà dépensées ne sont pas une raison de payer un essai supplémentaire.

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